Une journée particulière
Hier nous avons vécu une journée assez spéciale. La joie a laissé place à la douleur.
Elle a très bien commencé avec l'annonce du transfert de l'embryon. Avant de se rendre au CHU, nous avons fais une petit escapade shopping. Je ne pouvais pas manquer les soldes !! A 11h, nous nous sommes rendus au laboratoire de Fécondation In Vitro. 3 autres couples attendaient déjà. Un peu d'attente puis ça été notre tour. Nous avons d'abord rempli les papiers administratifs (vérification de nos identités, signature du document officiel de transfert). Puis on nous a dirigé vers le vestiaire pour me déshabiller. Enfin, on nous a fait rentrer dans une pièce d'échographie. 2 médecins et une laborantine sont présentes. Avant le transfert, le médecin nous montre l'utérus et la cavité blanche de l'utérus où sera déposée l'embryon. Les médecins donnent le feu vert à la laborantine. Elle apporte la pipette contenant l'embryon en annoncant "1 embryon pour Mme Xavier". Alors le médecin place le cathéter dans l'utérus alors que l'autre médecin contrôle à l'écho. On voit alors apparaître à l'écran le bout du cathéter. Et à 11h44, une toute petite bulle fluorescente glisse du cathéter. C'est une goutte d'eau qui contient l'embryon. Il se déplace déjà dans mon utérus.

Le médecin nous rassure, on peut reprendre la route et vivre normalement. Alors on rentre tout doucement avec le sourire aux lèvres.
Très vite sur le chemin du retour, je commence à avoir mal au ventre. Mais bon pas d'affolement, peut être un peu dérangée. Et puis ça s'amplifie, j'ai des spasmes. Alors je prends un spasfon. Mais rien y fait la douleur augmente. Ce n'est pas normal. Qu'est-ce qui m'arrive ? Dois-je appeler Nantes ? Non j'ai peur, je ne veux pas perdre l'embryon. On continue. Fred accelère. En arrivant sur Angers, je ne tiens plus. Les spasmes me tordent. "Fred, emmène moi aux urgences". Sous les conseils d'Anthony, Fred me conduit aux urgences gynécologiques. On a été pris en charge tout de suite. Mais pas ma douleur. Il a fallu attendre les externes puis l'interne, l'écho et enfin le médecin avant qu'ils me donnent un calmant. Durant 3 heures, j'ai souffert le martyre laissant Fred dans l'impuissance et l'angoisse. Heureusement, l'arrivée d'Anthony nous a réconforté et calmé.
Les médecins parlent d'hyperstimulation. Mes ovaires mesurent 10 cm chacuns (entre 2 et 3 cm normalement). Ils sont très gros. Ils ne se sont pas calmés depuis la stimulation. Du coup, ils souffrent un peu. Mais il n'y a aucune intéraction avec le transfert de l'embryon. La douleur n'est pas survenue à cause du transfert et surtout elle ne met pas en danger l'embryon qui est bien au chaud dans mon utérus. On est alors rassuré.
Une fois montée dans le service de gynécologie et conduit dans ma chambre (la même que Marie quelques années plus tôt), la douleur s'estompe. Je peux souffler. Mes parents viennent me tenir companie. Le soir, la douleur a disparu.
Aujourd'hui, elle n'a pas réapparu. Les médecins pensent que je n'ai pas fais une vraie hyperstimulation mais une mini. J'ai passé une écho en fin de matinée à la PMA (Service de Procréation). Les médecins constatent que mes ovaires sont toujours aussi gros mais je n'ai pas d'épanchements qui est bon signe. Ce qui veut dire que j'ai mon ticket de sortie. Biensûr il me faut beaucoup de repos. Et je dois être surveillée car l'hyperstimulation me guette quand même. Apparement la grossesse éventuelle pourrait faire réapparaître les symptômes. C'est une nouvelles à double tranchant : d'un côté si j'ai des signes d'hyperstimulation c'est que l'embryon a fait sa nidation et que c'est bien parti, et de l'autre si je n'en ai pas c'est que ça n'a pas marché. C'est dur. Mais il faut rester sereine.
Je suis rentrée à l'appartement en début d'après midi. Je retourne faire une écho au CHU d'angers lundi matin pour contrôler mes ovaires.
Informations sur l'hyperstimulation :
L'hyperstimulation se manifeste généralement dans la semaine qui suit l'injection d'HCG (L'ovitrelle qui déclenche l'ovulation, je l'ai eu mardi soir dernier). Elle peut apparaître plus tardivement, généralement comme conséquence d'une implantation embryonnaire, avec réapparition d'HCG circulante et reprise de la stimulation ovarienne (C'est ce qu'ils veulent surveiller et c'est aussi le signe que l'embryon se nide).
L'hyperstimulation mineure (degré I) :
est caractérisée par une augmentation du volume ovarien (ovaires de taille inférieure ou égale à 5 cm) avec apparition de kystes et d'une sensation d'inconfort abdominopelvien;
L'hyperstimulation modérée (degré II) : Je suis actuellement dans ce cas je pense
associe des kystes ovariens plus volumineux à une distension abdominale et des troubles digestifs (vomissements, troubles du transit). Le diamètre ovarien est inférieur ou égal à 12 cm;
L'hyperstimulation sévère (degré III) : ça peut évoluer vers ce cas
s'accompagne de volumineux ovaires kystiques (supérieurs à 12 cm de diamètre) avec épanchement ascitique qui peut atteindre d'autres séreuses. Les formes plus sévères peuvent associer des troubles de la coagulation et des accidents thromboemboliques ayant pu exceptionnellement entraîner la mort.
Par Lolo, Jeudi 26 Juin 2008 à 16:32 GMT+2 dans FIV 1 3ème tentative (article, RSS)




