Dans l'espoir d'être parents

Avant propos : notre histoire

Avant de vous raconter mon aventure de fiveuse, voici notre histoire...

Durant ces 10 années passées ensemble, nous avons du traverser courageusement de multiples épreuves. A chaque fois que la vie nous a fait trébucher, nous nous sommes relevés encore plus forts et plus amoureux l'un de l'autre.

Cette année, une nouvelle épreuve nous attendait. Différente mais pas moins dure à encaisser, elle m'a particulièrement touché au plus profond. 

Après notre mariage le 10 juin 2006, c'est tout naturellement que j'ai arrêté ma pillule. Notre désir d'enfant n'était pas récent. Nous savions que le chemin vers une grossesse allait probablement être semé d'embûches. Mais nous voulions croire en notre bonne étoile. Pourquoi nous n'aurions pas le droit d'être un couple normal, pour une fois, en ayant un bébé couette ? Alors nous avons essayé. C'était bon de rester dans l'inconnu, l'inconscience et l'espoir.

Au bout de quelques mois, il a bien fallu se résoudre à prendre rendez vous avec un centre de PMA (Procréation Médicalement Assistée). Notre choix, c'est vite tourné vers le centre PMA du CHU de Nantes. Les délais sont beaucoup plus courts et les résultats meilleurs.

Notre premier rendez vous a lieu le 26 avril (10 mois après l'arrêt de ma pillule). Nous étions contents de débuter la démarche mais c'était pas sans angoisses. Nous avons rencontré notre médecin qui nous a fait très bonne impression. Nous avons été habitués à avoir des relations très complices avec les personnes de l'UTT (Unité de Transplantation Thoracique). Nous souhaitions avoir cette même relation avec le centre de PMA. D'autant plus que nous allions être confrontés à des problèmes très intimes qui seront difficiles à partager.

Durant notre rendez vous, notre médecin nous a expliqué les différentes possibilités que nous pourrions envisager selon les résultats des examens qu'elle allait nous prescrir :

  • si on trouvait des spermatozoïdes dans le sperme : insémination artificielle
  • si on n'en trouvait pas, il faudrait passer par une ponction testiculaire et à partir de là 2 possibilités :
             -
    s'ils trouvent quelques choses : congélation des spermatozoïdes et FIV ISCI                           
             -
    s'ils trouvent rien : soit don de sperme puis FIV ISCI, soit adoption

Après le rendez vous, nous nous sentions bizarre. Le ton était grave. Nous avionsl'impression d'avoir une maladie (une de plus). Et là, on s'est dit : "non mais attend, on ne va pas mourir. On veut juste un bébé." C'est après le rendez vous que nous avons vraiment réaliser qu'il fallait, encore une fois dans notre vie, avoir recours à la médecine, et cette fois-ci pour concevoir notre bébé.

Nos ordonnances en poche, nous sommes allés passer nos examens :

Pour moi : frotti, bilan hormonale et virale, écho pelvienne (pour vérifier mes ovaires et compter le nombre de follicules que je produis), et hystérosalpingographie (pour vérifier la perméabilité de mes trompes - examen très désagréable)

Pour mon chéri : prise de sang et spermogramme


Les résultats :

Pour moi : bilan hormonal correct, trompes perméables, Utérus rétro versé mais bicornes (pas d'incidence car pas cloisonné en 2 parties), kystes dermoides (amas de graisse) : 1 sur l'ovaire gauche de 6 cm et 2 sur l'ovaire droit de 1 et 2 cm découverts à l'IRM.

Pour mon chéri : le spermogramme a confirmé nos souspçons puisqu'il a révélé que le sperme de mon mari ne contient aucun spermatozoïde. La cause vient de sa maladie : la mucoviscidose.  Il fait parti des 98 % des hommes muco qui subisse une stérilité. Les testicules sont normaux et produisent des spermatozoïdes, mais une absence ou une atrophie des canaux déférents ne permet pas aux spermatozoïdes de rejoindre l'urètre.

Même si on savait qu'il y avait peu de chances que le spermogramme soit positif, ça été dur d'accepter le résultat car cela entrevoyait des moments difficiles à passer. Notre médecin nous a envoyé consulter un urologue pour programmer une ponction testiculaire. Nous l'avons rencontré le 21 mai. La consultation ne sait pas bien passé car premièremnt le médecin était assez antipathique, et deuxièmement à l'examen clinique la situation se présentait mal. L'urologue trouve que l'épididyme (où sont stockés les spermatozoïdes) à l'air plat alors qu'il devrait être gonflé du fait des spermatozoïdes qui ne peuvent pas être « libérés ». Il nous avoue qu'il venait d'avoir le même cas que nous quelques semaines auparavant et qu'à la ponction ils n'ont rien trouvé. Il nous conseille d'ors et déjà de se préparer à une réponse négative. Et c'est ainsi que nos rêves d'avoir notre enfant conçu ensemble s'écroule. Le choc est terrible. Je réalise que je n'aurai peut être jamais d'enfant de mon mari. Je ne me suis jamais sentie aussi mal de ma vie. La déprime m'envahit et j'ai du m'arrêter plusieurs fois au travail. Mais mon mari était là pour me soutenir malgré ses propres angoisses et ses souffrances. Il culpabilisait de me voir comme ça et ce qu'il souhaitait par-dessous tout c'est que je porte notre enfant et il était donc prêt à avoir recours à un donneur de sperme. J'étais consciente que ce geste était une belle preuve d'amour mais je ne pouvais pas me faire à l'idée. Et je n'étais pas prête à réfléchir à cette possibilité.

Comme il fallait quand même tenté l'intervention et aller voir dans l'épididyme, mon mari a eu sa ponction le 05 juin sous anesthésie générale. L'urologue est venu nous donner les résultats dans l'après midi. Petite anecdote : j'étais enfermée dans les toilettes du service, il a fallu que je crie à l'aide pour que l'on vienne m'ouvrir la porte des toilettes qui n'avait pas de poignée. C'est à mon retour dans la chambre que mon mari me dit : "Approche j'ai quelque chose à te dire. Ils ont trouvés pleins de spermatozoïdes ! " Ce fut je crois la première fois où j'ai versé autant de larmes de joie. On n'y croyait pas du tout. On s'était tellement préparé à une réponse négative que c'était trop beau pour être vrai. Je garde encore aujourd'hui au fond de mon coeur les traces de cette expérience qui m'a vraiment bouleversé moralement.

Ainsi, au 2ème rendez vous avec notre médecin, nous avons donc envisagé la première FIV ICSI prévue initialement pour septembre mais repousser en novembre car j'ai du me faire enlever les trois kystes début août. J'ai été opérée sous coellioscopie et tout c'est bien passé.

 Aujourd'hui, nous sommes à quelques semaines du début du traitement. Ils nous tardent de commencer et peut-être que l'année 2007 se termninera par un immense bonheur ...

 

Vos commentaires

1 Le Samedi 20 Octobre 2007 à 11:47 GMT+2, par marlene

je savais que ces premières étapes avaient été très dures mais je n'en mesurai pas toute cette ampleur. Laura faut pas me faire pleurer comme ça!! tu as écris cela d'une manière où on est obligé de partager et de ressentir vos sentiments. Vous méritez tellement ce bébé et nous l'attendons tous. je vous aime, continuer à y croire.

2 Le Samedi 20 Octobre 2007 à 12:47 GMT+2, par Marie-Anne

ou la la...difficile de te lire alors que je connais déjà un peu l'histoire...

3 Le Lundi 22 Octobre 2007 à 21:27 GMT+2, par nathalie

ou la la c'est beau et courageux de partager ces moments intimes
il faut y croire jusqu'au bout , le reve va devenir réalité
c'est ce que je vous souhaite de tout mon coeur

4 Le Dimanche 28 Octobre 2007 à 11:06 GMT+2, par enquetedetoi

Je suis extrêmement touchée par ton blog. Je suis venue le découvrir après m'être aperçue que j'étais "marraine"! Ca m'a fait quelque chose! :-)
Nous sommes à peu près dans la même situation. A la différence que pour nous, la biopsie s'est révélée négative. Rien de rien. Les hormones.. On ne connait pas vraiment les raisons, peut être les oreillons quand il était petit. C'est ainsi, il faut faire avec. Nous nous tournons vers le don de sperme maintenant.
Mais quelle formidable chance que vous donne la vie: une biopsie positive, porteuse d'espoir! Tout est permis! C'est formidable, après toutes les difficultés que vous avez traversées!
Plein de courage pour le traitement (j'y suis passée en mai 2007 : nous avons tenté la FIV-ICSI en synchrone, en même temps que la biospie testiculaire!): c'est difficle moralement et physiquement, mais on s'accroche car le jeu en vaut vraiment la chandelle! Et puis, on est tellement habituées aux embûches, que ça en devient "presque" facile!
Et puis bien sûr, on croise les didis de toutes les forces pour une issue très très heureuse ! ;-)

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